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Villemont.
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Villemont, chanteufe à TOpéra-Coniique, demeurant faubourg St-Martin, vis-à-vis la croix des Marais : Laquelle nous a fait plainte contre le fleur Hater, maître menuifier, et fa femme, demeurant rue Mellay, vis-à-vis le bureau des Coches, et dit qu'il y a environ une heure, ledit fleur Haler eft venu lui demander de l'argent qu'elle lui doit pour de l'ouvrage de fa pro-feflion qu'il a fait pour ladite demoifelle plaignante ; qu'elle lui a dit qu'elle ne pouvoit pas lui en donner pour le moment et qu'elle feroit fon poffible pour lui en donner dans la femaine, au moyen de quoi ledit Haler s'eft retiré poliment; qu'un moment après la femme dudit fleur Haler eft venue chez la plaignante et lui a demandé de l'argent ; ladite plaignante lui a dit qu'elle n'avoit pas pu en donner à fon mari. Ladite Haler s'eft mife alors dans une fureur épouvantable en difant qu'elle alloit caffer les portes, ce qu'elle s'eft mife en devoir de faire. Ladite plaignante a voulu l'en empêcher,- ce que
voyant elle lui a porté un foufflet en la traitant de p....., d'excommuniée;
qu'elle l'avoit vue montée fur un âne ayant un écriteau devant et derrière; qu'elle l'avoit ramaffée dans le ruiffeau et l'avoit vêtue; que toutes celles qui
venoient chez elle étoient des maq.........Ladite plaignante fe voyant fi fort
infultée a appelé fa domeftique, la dame Aubertin, maitreffe cordonnière, et la femme du nommé Chatron, qui étoient lors dans fa cuifine : lefquelles font venues et lui ont repréfenté que ce n'étoit pas là comme on demandoit fon dû et l'ont attirée dans ladite cuifine. Où étant toutes, ladite femme
Haler a dit auxdites dames qu'elle voyoit bien qu'elles étoient fés maq.........
puifqu'elles prenoient fi bien le parti de ladite plaignante, qu'elle a de nouveau traitée de gueufe et qu'elle faifoit tort à tout le monde. Ladite plaignante lui a dit qu'elle étoit une infolente de la traiter ainfi ; fur quoi elle lui a porté deux coups de pied dans le ventre, un coup de poing fur la tempe gauche et un fur la joue droite dont elle a les marques au vifage, ainfi qu'il nous eft apparu. La plaignante, ne voulant pas fe revancher contre ladite femme étant enceinte, elle a envoyé chercher fon mari pour faire ceffer fon infulte, lequel eft venu et dans le moment de fon arrivée fadite femme lui a dit contre la vérité que la plaignante et celles qui étoient avec elle vouloient fe mettre fur elle pour la battre. Sur quoi ledit Haler a voulu donner un foufflet à la plaignante, mais fa femme l'en a empêché lui difant que cela lui feroit des affaires et qu'il la tienne, qu'elle alloit lui faire fon affaire; qu'étant groffe elle ne craignoit pas qu'on le lui rende, ce qu'elle a répété nombre de fois ; que la plaignante, s'étant débarraffée de leurs mains, eft fortie fur le carré pour appeler fon hôteffe, que pendant ce tems-là ladite
femme Haler a dit à fon mari : « Voilà fa maq.......» (parlant de Ia femme
du fleur Aubertin, maître cordonnier, qui étoit préfente) ; qu'auffitôt elle a fauté fur ladite femme Aubertin et lui a porté plufieurs coups de poing fur le vifage et sur la tête dont elle eft fort bleffée et ce, pendant que fon mari tenoit ladite femme Aubertin; qu'enfuite la plaignante a propofé un accommo, dément pour payer ledit Haler qui lui a répliqué qu'il n'en vouloit pas faire-qu'il lui falloit de l'argent comptant finon qu'il lui feroit une avanie dans la
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